Les alliés utilisèrent même le pigeon en tant qu’espion : des agents transportaient les oiseaux en Angleterre, puis en Hollande et les introduisaient enfin en territoire occupé en traversant la Belgique. Les pigeons étaient ensuite remis entre les mains de personnes de confiance qui communiquaient des renseignements précieux à la France. Le 11 novembre 1918, l’armée française disposait, outre les colombiers fixes, de plus de 350 colombiers mobiles pour un total de 30 000 pigeons. Un monument à Lille commémore les 20 000 pigeons tués du côté français.
L’utilisation de la colombophilie par la France lors de la Grande Guerre fut reprise par les Anglais puis par les Américains. Avec des faits d’histoire remarquables comme celui de l’exploit de Cher Ami en 1917. Ce pigeon sauva un bataillon qui s’était égaré chez l’ennemi. En avançant trop avant, ce bataillon de la 77e division s’était retrouvé coupé de ses arrières. Sans munitions et sans soutien, il devait se rendre ou combattre jusqu’au dernier. Aucun des messagers humains lancés à travers les lignes allemandes ne parvint jusqu’à la division. En désespoir de cause, l’ordre fut donné de lâcher les pigeons. Tous, sauf Cher Ami, furent tués par un barrage d’artillerie. Lui seul échappa aux éclats d’obus et, bien que blessé, réussit à rejoindre en 25 minutes son pigeonnier au quartier général, pourtant distant de 40 km. Lorsqu’il se posa, on découvrit qu’il avait perdu une patte et qu’une balle lui avait traversé le poitrail. Son exploit sauva le bataillon. Aujourd’hui, son corps empaillé repose au Smithsonian Institute à Washington. Les Allemands, parallèlement aux Français, comprirent tout l’intérêt du pigeon voyageur. Entre 1914 et 1918, un million d’oiseaux furent confisqués en Belgique. Certains d’entre eux furent équipés d’appareils photo miniaturisés qui après quelques échecs permirent des clichés d’espionnage assez clairs.
copyright © 2009- museedupigeon.com
copyright © 2009- museedupigeon.com
Interdiction du lâcher de pigeons dans les zones occupées par les Allemands Dans les zones occupées, les Allemands veillent à interdire aux civils le lâcher de pigeons. Ainsi, dès décembre 1915, dans le nord de la France, pays des coulonneux, le Bulletin de Lille de la semaine suivante rappelle aux Lillois qu’il est interdit, sous peine de mort, de lâcher des pigeons voyageurs, et précise que les personnes « qui trouveraient des pigeons voyageurs [...] sont tenues de les remettre à l’autorité militaire la plus proche, faute de quoi elles seront suspectées d’espionnage et s’exposeront à des poursuites ; les infractions commises par négligence seront punies d’un emprisonnement pouvant atteindre 3 ans ou d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 10 000 marks ».
![]() |
Remarquable vidéo et un texte qu’il faut écouter attentivement un hommage incontestable aux pigeons voyageurs en temps de guerre et aux services qu’ils ont rendus…..
extraite de l'album Larmes bleu horizon, rend hommage à Angèle Lecat (interprétée par Stéphanie Pépin), fusillée en 1918 pour espionnage avec pigeon voyageur.
Angèle Adelaïde LECAT est née le 10 janvier 1889 à Rumegies (Nord). Domiciliée 158 rue Dassonville à Rumegies.
"En Juillet 1917 a hébergé et facilité la fuite de deux soldats anglais prisonniers de guerre évadés qui tentaient de gagner la Hollande.
Le 29 Août de la même année un pigeon voyageur et un questionnaire ayant été découverts par la jeune BOSQUELLE Régina, Mademoiselle LECAT Angèle a fourni par ce moyen aux troupes alliées les renseignements d'ordre militaire demandés.
Arrêtée à Rumegies au début d'octobre 1917 pour le premier fait, a été incarcérée à Malines, Anvers et St-Amand où elle fut condamnée à 6 mois de prison.
Poursuivie a nouveau sous l'inculpation d'espionnage devant le Conseil de Guerre de St-Amand, elle fut condamnée à mort et fusillée dans cette ville le 25 Mars 1918.
A eu jusqu'à sa mort une attitude très digne."








Commentaires
Enregistrer un commentaire